| Codex de Supraśl, XIe siècle, XI w. | Bibliothèque Nationale à Varsovie
(Biblioteka Narodowa w Warszawie, 00-973 Warszawa, Al. Niepodległości 213) |
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 | Les pages du Codex de Supraśl |
| Le célèbre Codex de Supraśl appartient aux monuments de l'écriture cyrillique et de la langue slavonne les plus anciens et les plus précieux. Le manuscrit compte parmi les sources les plus importantes et les plus anciennes pour des recherches sur les langues et les alphabets slaves. Sa valeur pour la culture et l'histoire de la science est inestimable. |
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 | | Codex de Supraśl après conservation |
| La valeur littéraire du Codex est moindre car il contient des textes des diverses oeuvres grecques connues qui ont probablement été traduites par les élèves des saints Cyrille et Méthode. Le Codex de Supraśl est un fragment de Mineia Czetia, c'est-à-dire du livre des lectures - livre de l'Eglise orthodoxe qui contient l'ensemble des vies des saints vénérés par cette Eglise et des passions des saints martyrs. |
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Ces textes hagiographiques étaient souvent complétés par les enseignements, c'est-à-dire une sorte de sermons écrits par les Pères de l'Eglise. Ils étaient lus pendant les fêtes mobiles et immobiles du cycle annuel. L'ensemble des textes était mis en ordre selon les dates successives de la commémoration des saints et des fêtes de l'année liturgique byzantine qui, dans presque toute l'Église Orientale, commençait le premier septembre et finissait le 31 août. La version complète de Mineia Czetia devrait donc contenir 12 volumes correspondant aux 12 mois.
Dans le livre conservé à la Bibliothèque Nationale il y a un fragment de Mineia Czetia. Ce sont les textes destinés pour le mois de mars, le plus probablement il s'agit donc du 7e volume de l'ensemble. Le Codex de Supraśl contient les vies des saints pour les jours du 4 au 31 mars, une vingtaine d'enseignements de Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople, destinés pour le jour de l'Annonciation et pour les jours du cycle pascal, ainsi qu'un enseignement de Phothius, un autre patriarche constantinopolitain et celui d'Epiphane de Chypre. Manquent des textes pour les trois premiers jours de mars, ainsi que quelques feuillets de la fin.
Le Codex fut écrit sur le parchemin d'épaisseur inégale. Les feuillets sont de couleur jaune naturel d'un côté et gris-blanc de l'autre. Le parchemin est légèrement renforcé et de qualité médiocre.
Le livre était copié par un seul copiste. Quelques lignes ont probablement été écrites par une autre main. Le texte est écrit en 30 lignes dans une colonne. La colonne et certaines lignes sont marquées par des lignes incolores empreintes sur le parchemin. Dans le manuscrit on trouve de nombreuses traces des mots effacés par le copiste. |
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 | | Quelques dessins dans la marge du Codex de Supraśl |
| Le Codex est modestement décoré. Le début de chaque texte est marqué par des ornements rectangulaires et étroits et par des initiales dessinées à la plume et à l'encre. Sur quelques feuillets on peut remarquer des bandes et des lignes piquetées. Des notes rajoutées postérieurement, des essais de plume et des dessins maladroits représentant des têtes et des silhouettes des saints et des hommes figurent dans les marges des nombreux feuillets. |
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Le parchemin de qualité médiocre ainsi qu'une décoration modeste prouvent que ce manuscrit était destiné à l'usage quotidien des moines.
Il y a encore peu de temps, le manuscrit n'était pas relié. La reliure précédente avait été découpée au couteau; les traces de ce découpage sont encore visibles. En revanche, les cartes en papier qui, au XIXe siècle, faisaient partie de la dernière reliure sont encore conservées. Au cours de la conservation, faite entre 1993 et 1995, le manuscrit a été relié de planches de bois de chêne, recouvertes de cuir de veau brun foncé. La reliure (33,6 x 25,5 x 5,1cm) est stylisée à la reliure médiévale de la Bulgarie Orientale. Au début et à la fin du manuscrit on a ajouté 4 feuillets de protection en papier.
A l'intérieur du Codex on ne trouve aucune information ni inscription sur sa provenance ou sur la date de son exécution.
Une seule note importante apparaît dans la partie du livre, conservée actuellement à Ljubljana, au feuillet 104, et elle a sans doute été écrite par la main du même copiste qui a copié le livre entier. Elle dit "G[ospod]i pomilui Ret'ka Amin" [Seigneur, ayez la pitié de Retko, Amen]. Nous ne savons ni qui était ce Retko ni quand il vivait. Son nom est sans doute slave. Quelques vers seulement ont probablement été écrits par un autre copiste. A présent, on croit que le manuscrit avait été créé au XIe siècle, peut-être même avant 1014, le plus probablement sur les territoires de la Bulgarie Orientale. De nombreuses corrections ont été rajoutées un certain temps après l'exécution du livre. Les analyses paléographiques et philologiques prouvent que ces corrections ont été faites au XIIIe siècle par un correcteur russe. Ceci permet de supposer qu'à cette époque le manuscrit se trouvait en Russie. |
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 | | Un dessin dans la marge du Codex de Supraśl |
| Le Codex de Supraśl fut retrouvé en 1823 dans le monastère basilien à Supraœl, près de Bia³ystok par le professeur de l'Université de Vilnius, abbé Micha³ Bobrowski (1784-1848). Nous ne savons ni quand ni comment ce livre était arrivé à Supraśl. |
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Bobrowski a divisé le livre en parties que, dans les années 1838-39, il envoyait successivement à Vienne au célèbre philologue, professeur Jernej Kopitar (1780-1844) qui préparait le texte à la publication. C'est pourquoi, après la mort de Koptar, les 118 premiers feuillets du manuscrit furent transmis, avec ses autres manuscrits, à la bibliothèque du lycée à Ljubljana et aujourd'hui ils sont conservés à la bibliothèque universitaire de cette ville (Cod. Kop. 2). Après la mort de Bobrowski, les 16 feuillets suivants ont été achetés par l'académicien Afanasij F. Bytchkov. Après la mort de celui-ci, son fils les a hérités et à présent ils sont gardés dans la collection de Bytchkov qui se trouve à la Bibliothèque Nationale Russe de Saint-Pétersbourg.
Władysław Trębicki, bibliophile connu, acheta les 151 derniers feuillets. En 1869 ses héritiers vendirent ses collections à Konstanty Zamoyski. C'est ainsi que la partie la plus importante du Codex de Supraśl s'est trouvée en possession de la Bibliothèque du Majorat des Zamoyski où elle a reçu la cote BOZ 201.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale cette partie varsovienne du Codex de Supraśl a disparu pour longtemps dans les circonstances inconnues et elle s'est retrouvée d'une façon assez mystérieuse. En novembre 1939 les Allemands avaient emporté le livre à Berlin mais grâce aux interventions des bibliothécaires polonais et, avant tout, celle du Gouverneur Général nazi Hans Frank, le manuscrit est revenu à la fin de 1941 à Varsovie où il a été déposé à la Bibliothèque Nationale. Après la chute de l'Insurrection de Varsovie le Codex de Supraśl a disparu et après la guerre on croyait qu'il avait brûlé dans l'incendie du Palais Bleu des Zamoyski. Il s'est retrouvé en 1967 aux Etats-Unis lorsqu'un inconnu a proposé de le vendre à Harvard College Library à Cambridge dans le Massachusetts. Les employés de Harvard n'ont pas voulu se mêler à une affaire qui leur semblait suspecte mais ils ont mis le vendeur en contact avec Herbert Moeller, l'importateur du jambon de Pologne. Moeller a acheté le Codex et, en janvier 1968, en a fait don à la Pologne. Le manuscrit est revenu à la Bibliothèque du Majorat des Zamoyski dont les collections, après la Deuxième Guerre mondiale, furent transmises comme dépôt privé à la Bibliothèque Nationale à Varsovie. Le caractère séparé du fonds de la Bibliothèque des Zamoyski a été préservé et ses manuscrits continuent à recevoir les cotes "BOZ". |
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 | Le Codex de Supraśl pendant la conservation (collections de la Bibliothèque Nationale de Varsovie, photographie de Roman Stasiuk) |
| Le Codex de Supraśl, après de nombreuses et orageuses péripéties, a fini par retrouver sa place, bien qu'il soit divisé en trois parties qui, probablement, ne seront jamais réunies en un seul ensemble. Le plus important est que l'un des monuments les plus précieux de la culture mondiale n'ait pas disparu.
Les fragments séparés du livre se trouvent dans les bibliothèques qui leur assurent les meilleures conditions de conservation et de protection, permettent de les étudier et les rendent accessibles. |
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| Bibliographie | Bobrovskij Pavel, Sud'ba Suprasl'skoj rukopis,. Sanktpeterburg' 1887, p. IV, 78, 5 tabl. Sever'janov Sergej, Suprasl'skaja Rukopis', Sanktpeterburg 1904, p. 570 (réimpression: Gratz 1956) Marguliés A., Der altkirchenslavische Codex Suprasliensis, Heidelberg 1927, p. XV+253+15 Zaimov Jordan, Kapaldo Mario Supras'lski ili Retkov sborni,. T. I Sofija 1982, p. 564, T. II Sofija 1983 p. 602
Aitzetmüller Rudolf, Eine russisch-kirchenslavische Parallelhandschrift zum aksl. Codex Suprasliensis. Materialen zu dessen Textgestalt (Suprasliensis- Materialien I-III) [in:] Anzeiger für slavische Philologie 2, 1967, p. 48-66; 3, 1969, p. 102-117, 4, 1970, p. 72-82
Dennis Rodney, Mr. Vlasov meets the Ham King [in:] Harvard Magazine, Mar.-Apr. 1996, p. 40-45 Kaszlej Andrzej, Dzieje Kodeksu supraskiego, Supraśl 1997, p. 64 mf. A.213 |
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